Contact
Si la quête de la vérité est la poursuite suprême, alors le scientifique et le prédicateur peuvent aussi s’aimer.
Adapté du roman Contact de Carl Sagan, le film délaisse en grande partie la question du vécu des femmes dans la société — thème central du livre — pour se concentrer, au-delà de son habillage de science-fiction, sur la question des rapports entre science et religion.
Je voudrais donc explorer la science et la religion dans ce contexte qui s’apparente à un deus ex machina. J’avais auparavant étudié la philosophie américaine, notamment Wilfrid Sellars, qui défend le « réalisme scientifique » : l’idée que les entités postulées par les théories scientifiques existent réellement, et que les méthodes, les règles d’inférence et les concepts scientifiques possèdent une objectivité propre. Mais cela soulève évidemment une question : si la science est réelle, comment connaître cette science réelle ? Tel un ruban de Möbius, la boucle est sans fin, et le point médian est la religion. On pourrait dire que la religion est le commencement de la science, ou bien un obstacle sur son chemin. Le film montre la frénésie religieuse déclenchée par une découverte scientifique : certains se livrent à l’extase, d’autres se suicident — c’est là une manifestation du contact avec les symboles religieux, que l’on peut aussi considérer comme une vision du monde. Le film présente trois visions du monde : la science purement rationnelle, un compromis entre les deux, et la religion purement sensible.
Dans l’audience finale, la réalisatrice fait passer l’héroïne, Ellie Arroway, de la rationalité absolue à la sensibilité pure, et met dans la bouche du croyant cette phrase : « Mais nous partageons tous un but commun : la recherche de la vérité. »
À cet égard, le propos central du film se révèle pleinement : « Mais nous partageons tous un but commun : la recherche de la vérité. »